REGIS DESJARDINS
La vie éphémère des murs

Les affiches déchirées de Régis Desjardins dévoilent une ville secrète, cachée sous des couches et des plis. Ses photographies révèlent la vie silencieuse - anciennes souffrances muettes, regards oubliés, souvenirs archaïques, signes au sens perdu – d’un spectacle qui se terre dans nos mémoires.

Suivez pas à pas ce parcours. Il témoigne, d’une photographie à l’autre, du lent enfouissement d’un langage qui disparaît, d’une culture qui se désagrège. Ces fragments témoignent d’une résistance : celle d’un passé immédiat, contemporain, qui respire encore. Régis Desjardins a saisi dans chaque cliché le scénario d’un effacement inéluctable qui prépare l’apparition prochaine d’une nouvelle couche, d’un nouveau pli de la vie provisoire des murs urbains. Régis s’empare de la beauté furtive et émouvante de ces chefs d’œuvre inconnus et la fixe. Son travail remarquable évoque celui de John Yang dans le cimetière du Queens à New York qui repérait et fixait l’éternel. Régis Desjardins met en scène l’éphémère. Tous les deux traitent du passage pathétique du temps.

"Les plus désespérés sont les chants les plus beaux. Et j'en sais d'immortels qui sont purs sanglots.
"


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