Mascaron
Strasbourg
 




 
 

Spring
 
 

Charles Consigny, vous vous souvenez ? Mais si, vous savez, le jeune homme qui, du haut de ces 18 ans, est à la tête d’un magazine branché et gratuit. Mais rappelez-vous, la première interview avait été réalisée par Christian Gatard, il s’agissait alors du magazine QG. Eh bien aujourd’hui, e-dito vous donne des nouvelles de ce rédacteur en chef précoce, en direct de son blackberry (entretien par mail, parce qu’entre jeunes gens débordés et pleins d’avenir, vous comprenez, on a pas le temps !)


Cher Charles,

Voici les quelques questions, il n’y a pas de piège je crois…rien ne sera censuré, alors allez-y, c’est à vous.


- Comment va Charles Consigny depuis la dernière interview réalisée par Christian Gatard ?
Charles Consigny va très bien, le magazine est sorti et a de bons échos, et quelques articles critiques qui ne me déplaisent pas, j aime la controverse.

- Et comment va Spring ?
Spring avance, se cherche un peu, essaie de renouer avec ses fondamentaux : par des jeunes, pour des jeunes.

- Lors de la dernière interview, le magazine s’appelait encore QG, et pour des raisons liées à l’INPI, si je ne m’abuse, le magazine a dû changer de nom. Spring est-il le successeur direct de QG ? N??y a-t-il que le nom qui a changé ?
Spring est le successeur de QG d une certaine manière, puisque j’ai gardé, en le faisant, le même esprit. Simplement les équipes ont en grande partie été renouvelées et nous allons vers plus de mode et plus de luxe.

-Est-ce plus facile aujourd’hui qu’aux débuts de QG de faire sa place dans le milieu des revues branchées gratuites ? et auprès des annonceurs ?

La réalisation du magazine est aujourd’hui beaucoup plus facile qu’à l’époque de QG, les gens du secteur nous connaissent et beaucoup viennent à nous. Spring est devenu, malgré son jeune age, un magazine avec son positionnement propre. Nous sommes consultes par d autres titres (par ex, le figaro) lorsqu ils font des sujets sur la jeunesse adge, et par quelques marques quand elles veulent toucher cette cible. Nous n avons rien a envier aux titres gratuits, et essayons au maximum d atteindre le niveau de qualité des payants.

- Où sont distribués les magazines Spring ? Le nombre des lieux de diffusion continue-t-il à s’élargir?
Spring est diffusé dans tous les Costes de Paris, dans des bars, des clubs, quelques écoles.
Nous ne comptons pas élargir le réseau mais au contraire le recentrer, pour être sur d’atteindre au maximum notre cible. Nous passons de 200 à 150 lieux, pour toujours 50000 ex.

-Spring semble avoir une ligne de conduite axée sur la mode. Est-ce là le centre d’intérêt principal de cette « jeunesse dorée » ?
Beaucoup de mode, c’est vrai. D’abord parce qu’on ne peut pas prétendre jouer avec le luxe sans aborder ce secteur crucial, ensuite parce que c’est bien évidemment un centre d’intérêt important des jeunes friqués, enfin parce que les annonceurs demandent de la mode. Et puis d’une certaine manière, j’ai appris à m’y intéresser et à m’y faire -prenant en charge pas mal de photos que nous faisons.

- Et d’ailleurs, comment va la « jeunesse dorée » ?
La jeunesse dorée est toujours aussi passionnante, gangrenée par la drogue et l alcool, toujours aussi fétarde tout en étant déprimée, toujours aussi accro a la consommation, toujours plus belle et plus attirante. Je pense qu’elle correspond à la tranche de population la plus sexy.

- Sur la première de couv’, on peut lire sur un pseudo code barre, et aux côtés du terme « jeunesse dorée », les autres qualificatifs semblant définir le magazine : « gratuit de luxe » (d’où le pseudo code barre), « mensuel » (d’ailleurs, pourquoi un mensuel puisque le numéro que j’ai par exemple semble être une parution pour l’hiver 2007 ?), « culture », « mode », « sexe ». Ces termes définissent-ils aussi la personnalité de son rédacteur en chef ? Lesquels seraient à remplacer ? à ajouter ?
I'll y a une coquille dans ce code barre, qui a été conçu I'll y a un bout de temps et que nous avons oublié de modifier. D abord on est, ça ne vous aura pas échappé, un trimestriel, ensuite nous détestons, moi en particulier, le terme de jeunesse dorée, qui correspond dans la tête des gens aux petits jeunes du 16e en mocassins et filles en sac Lancel. Ca n est pas du tout nous. Notre cible et nous sommes beaucoup moins coincés, fermes et repoussants que ça (enfin, j ose l’espérer). Spring est un magazine de dilettante, et pour cause I'll ne se trouve que sur des lieux de loisirs.
En ce qui me concerne, ce code barre ne me correspond pas vraiment, mais allez questionner mon psychiatre, I'll est très médiatique !

-Faites-vous autre chose (boulot, loisirs), en marge de Spring ?
Rien en plus de Spring, parfois une petite semaine de pause. C est un job à plein temps, si ce n’est plus.

- Vous devez avoir je crois 20 ans maintenant, et vous êtes rédac’chef depuis deux ans déjà. Ne sentez-vous pas parfois d’autres envies professionnelles pousser, parce qu’à 20 ans, on peut s’autoriser de penser à un « après », tout en souhaitant longue vie à Spring ?
Je n ai pas 20 ans mais 18 ! Et suis sur ce projet depuis un an. (pardon, je vais revoir mes infos..Christian…)
Vous pensez bien que quelqu’un qui à 18 ans se lance dans un projet ne compte pas s’y adonner toute sa vie... J’ai beaucoup de choses en tête, le développement de Spring à l’international, un autre magazine dans un registre différent même si lié, et quelques petites choses que je garde pour moi. Quoi qu I'll en soit pour l’instant c’est Spring, Spring et re-Spring.

-  Parlez-nous enfin du concours sur radio BFM dans lequel il faut absolument soutenir Spring en votant pour lui?
Ce concours BFM est un non événement, je me suis fait harponné par trois frustrés sexuels pendant 20 minutes et n’ai pas envie de m’épancher dessus.

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions et d’avoir donné de vous nouvelles à e-dito et à ses lecteurs.

NB : Nos chers lecteurs auront remarqué que le vous a été employé tout au long de cet entretien alors que la tranche d’âge à laquelle Charles et moi-même appartenons autoriserait volontiers un tutoiement, et ce même si nous ne nous sommes jamais rencontrés. Mais vous comprendrez que par esprit de convenance, et comme il convient de le faire sur e-dito, j’ai préféré débuter l’interview en « vous » (mais rassurez-vous, c’est le tu qui a mis fin à nos échanges de mails).

Vive la jeunesse débordée et débordante d’avenir !

Soline Haudouin